Christian de Bray

 
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Albanie

Je pensais aux longs défilés sur la Place Rouge, aux véhéments discours de Fidel Castro, à cette ville triste de Berlin d’avant la chute du mur, aux abords du musée Pergamone, et à bien d’autres endroits dont j’avais rêvé ou où j’avais été…

J’avais décidé de choisir un pays ou peu de touristes vont, à l’écart des routes déferlantes. Pourquoi pas une petite île perdue au milieu de l’océan ? Un rivage où n’accoste jamais aucun navire, ou presque…

Et chaque jour j’allais boire une « blanche » au petit café en face de chez moi…Café tenu par des Albanais…

« Pourquoi pas l’Albanie ? » C’est un peu comme cela que j’ai choisi beaucoup de mes destinations de voyage. Mais je n’étais pas encore vraiment décidé…

Je me présente donc à la porte de l’ambassade d’Albanie, rue Tenbosch, à Bruxelles. Un écriteau, collé à la fenêtre, dans un sabir indéchiffrable, indique-t-il que l’ambassade a déménagé ? Un bloc de quatre sonnettes ne renseigne aucun service… Je vois un peu de lumière filtrer à travers le verre dépoli de la lourde porte en fer forgé… Je sonne au bouton inférieur sensé être le rez-de-chaussée… Après un deuxième essai une voix me parvient… « C’est pourquoi ? » J’explique que je suis un touriste bien décidé à visiter l’Albanie… Attendez sur le trottoir, me dit la voix, au fort accent, je vous apporte la documentation…

Et c’est ainsi que la porte s’est entrouverte et que j’ai reçu un sachet contenant quelques prospectus touristiques et une carte du pays. Ouf, je savais maintenant tous les endroits à éviter !

Et c’est ainsi, aussi, que je me suis décidé à visiter l’Albanie, étant convaincu qu’après un pareil accueil peu de touristes iraient plus loin !

Albanie, t’aurai-je imaginé sur la mappemonde ? Aurais-je trouvé ta trace que je ne m’en souviendrais plus ! Albanie, quand j’allais en Grèce je te contournais… quand j’allais en Turquie, de même, je te contournais… Aurais-je imaginé pouvoir, un jour, te pénétrer ?

Premier contact… ton aéroport est fort petit mais très moderne… La file est fluide.

On me livre une voiture louée pour quatre jours à un prix tout à fait normal. Une petite Chevrolet flambant neuve, si petite et si peu haute sur pattes ! On fait l’inventaire des griffes laissées par les clients précédents… et me voilà parti, mais pour où exactement ?

Si je mets tout au singulier c’est uniquement pour des raisons d’accord de pluriel. Ce qui est singulier dans cette aventure ? C’est que je suis parti, pour la première fois de ma vie, avec un ami avec lequel je n’avais jamais voyagé.

Albanie, voyage sans carte ? Le Nord ou le Sud ? L’Est ou l’Ouest ? La côte ou la montagne ? Les villes ou les petits villages ? La poussière ou les rivages ? La mafia ou les simples paysans ?

Albanie montre toi telle que tu es… et conte-moi tes forces et tes faiblesses…

Mais que penser de tous ces visages voilés et de la grande majorité de toutes tes femmes absentes et cachées… ? Le soir, dans la ville, des centaines d’hommes se promènent en se tenant, peut-être, par la main et en chuchotant des histoires d’hommes.

Mais où sont toutes les belles filles, ces Albanaises, auxquelles il m’a semblé avoir rêvé juste avant mon départ ? Albanie, pays musulman !
Je n’avais pas bien compris !

Albanie, pays ou les distances sont courtes mais les routes très longues…
Septante kilomètres, cinq heures de bosses et de fosses, et la petite Chevrolet soupire et parfois gémi. Combien de véhicules avons-nous croisés ? Trois ou quatre sans compter ceux aux abords des villes de départ et d’arrivée. Nous louvoyons entre les cîmes enneigées que parfois nous approchons d’un peu plus près.

Albanie, je me souviendrai de tes pins qui laissaient rouler leurs pommes sur notre chemin au gré du vent, et de tes ânes qui braiaient pour se rappeler à leurs congénères. De toute cette poussière que nous soulevions sur notre passage…

Mais Albanie, je me souviendrai aussi de ton accueil, de tes repas généreux et bien servis, de tes beefsteaks grillés, des chambres luxueuses surplombant les vallées… et de toutes ces conversations que nous avons dû nouer avec nos mains…

Albanie je me souviendrai aussi de tes milliers de « squelettes » d’immeubles traînant dans tous les coins… je ne veux rien savoir de ton histoire… parce que « hic et nunc »… rien ne m’importe plus que de te voir sans trop essayer de comprendre comment tu en es arrivée là ! Mais on m’a dit qu’un autre de tes séismes plus récents avait été la bourse et l’immobilier !
Les tsunamis sont d’hier, d’aujourd’hui et de toujours.

Albanie, ton peuple est pauvre mais courageux. Il frappe à la porte de notre communauté. Tu n’es pas le plus beau pays du monde mais ta population n’a rien à envier à toutes celles que j’ai ailleurs croisées.


Pays traversé en flèche, trop vite, authentique…


A l’aéroport on inspecte la carrosserie de mon véhicule et on me fait remarquer qu’il y manque quelques griffes. Je devrai donc rendre des comptes !

Albanie…
…à bientôt